Un rachat de crédits, aussi appelé regroupement de crédits, remplace plusieurs prêts en cours par un seul, accordé par une nouvelle banque : vous n'avez plus qu'une mensualité, calculée selon vos revenus. Il sert surtout aux foyers dont les crédits pèsent trop lourd dans le budget. Ce qu'il change : une mensualité unique, souvent plus basse, et un budget plus lisible. Ce qu'il coûte : la mensualité baisse presque toujours parce que la durée s'allonge, ce qui augmente le coût total, auquel s'ajoutent des frais. Ce guide complet, pensé pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, réunit ce qu'il faut savoir avant de vous lancer.
Par où commencer ?
Pour aller plus loin sur un point précis, suivez ce parcours, dans l'ordre :
- Comprendre l'opération
- La règle des 60 % : pourquoi un regroupement avec un prêt immobilier ne suit pas toujours les mêmes règles.
- Combien coûte un rachat de crédits ? : frais, indemnités et effet de la durée, poste par poste.
- Vérifier votre profil
- Les revenus pris en compte : ce que la banque retient ou écarte, des primes aux pensions.
- Taux d’endettement et reste à vivre : les deux calculs qui décident de la réponse.
- Préparer votre dossier
- La liste des pièces à préparer : les documents à réunir selon votre métier, votre logement et votre famille.
- Découvert, rejets ou impayés : ce qui passe, ce qui bloque, et pourquoi agir tôt.
- Regarder votre cas particulier
- Fonctionnaire : la majoration de traitement d'outre-mer et le passage à la retraite.
- Retraité : l'âge en fin de prêt et l'assurance du nouveau prêt.
- Indépendant (TNS) : alléger vos mensualités face aux cotisations et aux impôts.
- CDD ou intérim : les conditions des banques, à commencer par le co-emprunteur.
- Dossier refusé : comprendre le refus, corriger le dossier, et les autres solutions.
- Vous faire accompagner
- Le rôle du courtier en rachat de crédits : ce qu'il fait pour vous et comment il est rémunéré.
- Votre territoire, en Martinique, en Guadeloupe ou en Guyane : comment Eloy vous accompagne près de chez vous.
- Le rachat de crédits avec Eloy : une première simulation en ligne, gratuite et sans engagement.
Comment fonctionne un rachat de crédits ?
Une banque spécialisée vous accorde un nouveau prêt, qui rembourse tout ou partie de vos crédits en cours. Elle verse directement les fonds à vos anciens prêteurs. Il ne vous reste qu'un prêt et une mensualité.
Peuvent être regroupés :
- les crédits à la consommation : prêts personnels, prêts pour un véhicule ou des travaux, crédits renouvelables ;
- un ou plusieurs prêts immobiliers ;
- selon les banques, certaines dettes, comme un découvert ou un retard d'impôt, et parfois un crédit professionnel.
Vous pouvez conserver à côté un prêt à taux très bas ou qui se termine bientôt. Une trésorerie peut aussi être ajoutée pour financer un projet, dans une proportion raisonnable.
La nouvelle banque vérifie d'abord votre capacité à rembourser : revenus, charges, tenue de vos comptes et fichiers de la Banque de France. Elle doit aussi vous remettre, sur support durable, une fiche qui compare vos crédits en cours au nouveau prêt et indique si le regroupement entraîne pour vous un gain ou un surcoût.
Rachat de crédit immobilier ou de crédits à la consommation : qu'est-ce qui change ?
Quand le regroupement contient un prêt immobilier, l'article R. 314-18 du Code de la consommation fixe le cadre du nouveau prêt par la règle des 60 %, calculée frais et pénalités compris :
- si les crédits immobiliers représentent 60 % ou plus de l'opération, ce sont les règles du crédit immobilier : offre de prêt, délai de réflexion et, en général, une garantie sur votre bien prise chez le notaire ;
- en dessous, ce sont celles du crédit à la consommation : délai de rétractation et, en général, pas de garantie hypothécaire.
Ce cadre change les délais, les frais, la durée possible et donc la mensualité. Aucun n'est meilleur en soi : tout dépend de votre situation. Le calcul exact, avec des exemples, est dans notre guide sur la règle des 60 %.
Quels sont les avantages, et quelles sont les contreparties ?
Bien utilisé, le rachat de crédits apporte :
- une seule mensualité, prélevée à une seule date ;
- une mensualité adaptée à vos revenus, souvent plus basse ;
- la possibilité de solder un découvert, pour que votre compte reparte sur de bonnes bases ;
- la possibilité de financer un projet en même temps.
La contrepartie est directe : la mensualité baisse surtout parce que la durée s'allonge. Vous payez moins chaque mois, mais plus longtemps, donc plus d'intérêts au total, plus les frais de l'opération. Pour décider, regardez deux chiffres de l'offre :
- le TAEG, taux annuel effectif global, qui intègre les intérêts et les frais obligatoires : dossier, intermédiaire, assurance exigée ;
- le coût total du crédit : tout ce que vous paierez en plus du capital emprunté.
La réduction des mensualités entraîne un allongement de la durée de remboursement et une augmentation du coût total du crédit. Visez une mensualité confortable, pas forcément la plus basse possible.
À qui s'adresse le rachat de crédits ?
Salariés, fonctionnaires, retraités et indépendants, propriétaires comme locataires, sont concernés. Chaque profil a ses points d'attention :
- Fonctionnaires : la majoration de traitement d'outre-mer est retenue dans vos revenus, mais pas dans votre future pension. Si le prêt dépasse la date de votre retraite, la banque regarde aussi vos revenus futurs. Voir le guide des fonctionnaires.
- Retraités : chaque banque fixe un âge maximum en fin de prêt, qui limite la durée, et l'assurance coûte plus cher avec l'âge. Voir le guide des retraités.
- Indépendants (TNS) : revenus étudiés sur plusieurs exercices, ancienneté d'activité exigée, cotisations et impôts en retard à anticiper. Voir le guide des indépendants.
- CDD, intérim, contractuels : possible le plus souvent avec un co-emprunteur aux revenus stables. Voir le guide CDD et intérim.
Dans tous les cas, la banque regarde votre taux d'endettement après l'opération, votre reste à vivre (ce qu'il vous reste une fois les charges fixes payées) et la tenue de vos comptes sur les derniers mois. Une inscription au FICP, le fichier des incidents de remboursement tenu par la Banque de France, n'interdit pas légalement un crédit, mais la plupart des banques refusent alors l'opération. Le détail est dans notre guide taux d’endettement et reste à vivre.
Comment se déroule un rachat de crédits, et quels sont les délais légaux ?
- L'étude : votre conseiller analyse vos crédits, revenus et charges, et vous dit si l'opération est pertinente.
- Le dossier : vous envoyez vos pièces justificatives, en une seule fois si possible.
- La banque : le dossier est présenté à une banque dont les critères correspondent à votre profil, qui donne sa réponse.
- L'offre : vous recevez les documents d'information obligatoires et l'offre de prêt, avec le TAEG, le coût total et la durée.
- Le délai légal, selon le cadre du prêt.
- Le déblocage : la nouvelle banque solde vos anciens crédits. Il ne vous reste qu'une mensualité.
Les délais légaux dépendent du cadre du nouveau prêt :
- Crédit immobilier : la banque vous remet une fiche d'information standardisée européenne (FISE), au plus tard avec l'offre. L'offre doit être maintenue pendant au moins 30 jours à compter de sa réception. Vous disposez d'un délai de réflexion de 10 jours, qui démarre au lendemain de la réception de l'offre : vous ne pouvez pas accepter avant la fin de ce délai, et rien ne doit être versé pendant ce temps.
- Crédit à la consommation : la banque vous remet une fiche d'information précontractuelle, et l'offre reste valable au moins 15 jours. Après l'acceptation, vous disposez d'un délai de rétractation de 14 jours calendaires pour changer d'avis. Pour un regroupement, les fonds ne peuvent pas vous être versés avant le 8e jour qui suit la signature.
La durée totale dépend ensuite de votre dossier, de la banque et, en cadre immobilier, du notaire. Personne ne peut vous garantir un délai à l'avance.
Quels frais faut-il prévoir ?
Selon votre dossier, plusieurs frais s'ajoutent aux intérêts. Ils sont le plus souvent intégrés au nouveau prêt et doivent figurer dans l'offre.
- Les indemnités de remboursement anticipé, plafonnées par la loi. Prêt immobilier à taux fixe : au plus six mois d'intérêts sur le capital remboursé, au taux moyen du prêt, sans dépasser 3 % du capital restant dû, et aucune indemnité dans certains cas de vente du logement (mutation, perte d'emploi, décès). Crédit à la consommation : rien si vous remboursez 10 000 € ou moins sur douze mois ; au-delà, au plus 1 % du montant remboursé s'il reste plus d'un an de crédit, 0,5 % sinon.
- Les frais de dossier de la nouvelle banque, inclus dans le TAEG.
- Les frais de garantie : avec une hypothèque, un acte notarié dont le coût dépend de la somme garantie, et parfois des frais de mainlevée de l'ancienne hypothèque.
- L'assurance du nouveau prêt : lorsqu'elle est exigée, son coût entre dans le TAEG. En cadre immobilier, vous pouvez choisir une autre assurance emprunteur que celle de la banque, à garanties équivalentes.
- La rémunération de l'intermédiaire : frais payés par vous et, le cas échéant, commission de la banque. Les frais à votre charge sont inclus dans le TAEG, et aucune somme ne peut vous être demandée avant le versement effectif des fonds.
Votre conseiller demande un décompte à chaque prêteur pour chiffrer ces montants. Le détail est dans notre guide sur le coût.
Qu'est-ce qui change en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane ?
Les règles du crédit sont les mêmes partout en France, mais un dossier antillais ou guyanais a ses particularités :
- Les banques : les banques spécialisées en regroupement de crédits n'ont pas toutes la même politique pour l'outre-mer. Savoir lesquelles étudient les dossiers de votre territoire évite des demandes inutiles.
- Les agents publics : la majoration de traitement disparaît à la retraite. La durée du prêt doit en tenir compte.
- Le logement : les biens en indivision, fréquents dans nos familles, limitent les solutions avec garantie, et l'acte de propriété est indispensable.
- Les indépendants : leurs cotisations sont gérées par la CGSS de leur département. Un retard se traite mieux tôt, avant toute procédure de recouvrement.
- La distance : tout peut se faire par téléphone, WhatsApp ou e-mail, avec l'envoi des pièces en ligne et, selon la banque, une signature électronique.
Quelles erreurs éviter ?
- Regarder seulement la mensualité, sans le coût total ni la durée.
- Attendre les impayés : une inscription au FICP réduit fortement les solutions.
- Multiplier les demandes au hasard : après un refus, la même banque ne réétudie en général pas le dossier tout de suite.
- Oublier un crédit ou les relevés d'un compte : le dossier doit être complet et cohérent.
- Ouvrir un nouveau crédit ou demander trop de trésorerie juste avant l'opération.
- Oublier la retraite ou la fin d'un contrat dans le choix de la durée.
- Verser de l'argent avant d'avoir reçu les fonds : c'est interdit. Méfiez-vous aussi des accords « garantis » et des prêts entre particuliers sur les réseaux sociaux.
Si le rachat n'est pas possible, d'autres solutions existent : négocier avec vos prêteurs, un Point conseil budget, ou un dossier de surendettement, gratuit, auprès de la commission de votre département, dont l'IEDOM assure le secrétariat en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. Voir que faire après un refus.
Quel est le rôle d'un courtier en rachat de crédits ?
Les professionnels qui vous accompagnent pour un crédit sont des intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP) : courtiers, mandataires d'une ou plusieurs banques, ou mandataires d'intermédiaire. Tous doivent être immatriculés à l'ORIAS, le registre officiel des intermédiaires, consultable gratuitement sur orias.fr, et ils sont contrôlés par l'ACPR, adossée à la Banque de France.
L'intermédiaire doit notamment :
- vous informer sur un support durable de son identité et de son statut, et vous indiquer sa rémunération avant tout engagement ;
- étudier votre situation financière et vos besoins, pour que les remboursements restent supportables ;
- vous présenter l'offre avec le bilan de l'opération : situation avant et après, et coût total ;
- ne vous demander aucun paiement avant le versement des fonds.
Un intermédiaire spécialisé connaît aussi les critères des banques, sait vers laquelle orienter votre dossier et vous explique l'offre avant la signature. Voir pourquoi se faire accompagner.
Comment Eloy vous accompagne
Eloy est un cabinet de courtage installé au Lamentin, en assurance, en rachat et regroupement de crédits et en financement professionnel, pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Pour le crédit, Eloy est mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (ORIAS n° 23 000 527). Votre conseiller étudie votre situation, sélectionne la banque adaptée et reste votre interlocuteur jusqu'au déblocage des fonds, à distance ou sur rendez-vous. L'étude est gratuite et sans engagement : faites votre simulation ou demandez à être rappelé.
En résumé
- Le rachat de crédits remplace plusieurs prêts par un seul, avec une mensualité adaptée à vos revenus.
- La mensualité baisse surtout parce que la durée s'allonge : regardez le TAEG et le coût total.
- Au moins 60 % d'immobilier : règles du crédit immobilier ; en dessous : règles du crédit à la consommation.
- Réflexion de 10 jours en cadre immobilier, rétractation de 14 jours en cadre consommation.
- Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées, et rien ne se paie avant le versement des fonds.
- Aux Antilles-Guyane, tout peut se faire à distance, avec un intermédiaire immatriculé à l'ORIAS.
Sources
- Regroupement ou rachat de crédits : que faut-il savoir ? (Institut national de la consommation)
- Délais de réflexion et de rétractation : quelles différences pour le consommateur ? (service-public.gouv.fr)
- Crédit immobilier : lisez attentivement les documents remis (economie.gouv.fr)
- Crédit à la consommation : règles du contrat (service-public.gouv.fr)
- La commercialisation des opérations de regroupement de crédits : enseignement des contrôles menés par l’ACPR (acpr.banque-france.fr)
- Arnaques au crédit ou à l’épargne et vol de données (banque-france.fr)
Questions fréquentes
Un rachat de crédits fait-il baisser le coût de mes crédits ?
Pas en général. Il fait baisser la mensualité en allongeant la durée, ce qui augmente le coût total. Il peut le réduire seulement dans certains cas, par exemple si vos crédits actuels sont chers et que la durée change peu.
Peut-on faire racheter ses crédits en étant fiché au FICP ?
C'est très difficile : la loi ne l'interdit pas, mais la plupart des banques refusent. Tant que vous n'êtes pas fiché, une solution reste souvent possible : agissez dès les premiers retards.
Combien de temps ai-je pour changer d'avis ?
En cadre immobilier, un délai de réflexion de 10 jours avant de pouvoir accepter l'offre. En cadre consommation, 14 jours calendaires après l'acceptation pour vous rétracter.
Dois-je payer quelque chose avant d'obtenir le prêt ?
Non. Aucune somme ne peut vous être demandée avant le versement effectif des fonds. Une demande d'argent avant le prêt est le signe classique d'une arnaque.
Peut-on tout faire à distance depuis les Antilles ou la Guyane ?
Oui : étude, envoi des pièces et suivi se font par téléphone, WhatsApp ou e-mail. Avec une garantie hypothécaire, un passage chez le notaire reste nécessaire.
Étude gratuite et sans engagement, par téléphone, WhatsApp ou e-mail. Votre conseiller vous dit franchement si l'opération est intéressante pour vous.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. La réduction des mensualités entraîne un allongement de la durée de remboursement et une augmentation du coût total du crédit. Aucun versement, de quelque nature que ce soit, ne peut être exigé d'un particulier avant l'obtention d'un ou plusieurs prêts d'argent. Ce guide est fourni à titre d'information générale ; seule l'offre de prêt remise par la banque fait foi. Eloy, courtier en assurance et mandataire d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement, ORIAS n° 23 000 527 – www.orias.fr.