Ostéopathe ou psychologue libéral, vous relevez de la CIPAV, la caisse de retraite de plusieurs professions libérales. C'est l'un des régimes les moins protecteurs en cas d'arrêt de travail : passé 90 jours, il ne verse plus aucune indemnité. Pourtant, votre activité repose entièrement sur vous. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Période | Qui verse | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 €, c'est le délai de carence |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie (CPAM) | 1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour |
| À partir du 91e jour | Personne | 0 € : la CIPAV ne verse aucune indemnité journalière |
Après 90 jours d'arrêt, vous ne percevez plus rien, et ce jusqu'à votre éventuelle reconnaissance en invalidité.
- au régime micro-BNC, vos indemnités de la CPAM sont calculées sur votre chiffre d'affaires après abattement : elles sont donc encore plus faibles ;
- pour en bénéficier, il faut être affilié depuis au moins un an.
Le manque à gagner, chiffré
Prenons un ostéopathe qui dégage un revenu de 3 500 € par mois, soit environ 117 € par jour, stable depuis trois ans.
| Situation | Ce qu'il perçoit | Ce qu'il perd |
|---|---|---|
| En activité | 3 500 € par mois | — |
| Arrêt, jours 4 à 90 | environ 1 726 € par mois | environ 1 774 € par mois |
| Arrêt, à partir du 4e mois | 0 € | 3 500 € par mois |
Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.
À partir du 4e mois d'arrêt, la totalité de ses revenus disparaît.
Pendant ce temps, vos charges continuent
- le loyer et les charges du cabinet ;
- la table, le matériel, le logiciel, les assurances professionnelles ;
- vos cotisations URSSAF et CIPAV, calculées sur vos revenus des années précédentes ;
- les dépenses de votre foyer.
Invalidité et décès : ce que prévoit la CIPAV
La CIPAV verse une pension d'invalidité et un capital décès dont le montant dépend de vos revenus déclarés. La pension n'est versée qu'à partir d'un taux d'invalidité de 66 %.
Ces montants restent très inférieurs à vos revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, ils ne permettent pas de maintenir le niveau de vie de votre famille. Nous vous calculons les montants exacts à partir de votre situation.
Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte
- des indemnités journalières pour remplacer vos revenus pendant l'arrêt, y compris au-delà de 90 jours, sur une longue durée ;
- une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour, parfois indemnisé dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
- une rente d'invalidité dès un taux partiel, appréciée au regard de votre métier : pour un ostéopathe, une atteinte des mains ou des épaules suffit à empêcher d'exercer ;
- la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
- un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
- la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.
Les points d'attention propres à vos métiers
Deux causes d'arrêt sont fréquentes chez les ostéopathes et les psychologues et souvent mal couvertes. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : gestes de manipulation répétés, efforts physiques, positions penchées. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Pour un psychologue, l'écoute de situations difficiles toute la journée expose particulièrement à l'épuisement. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- la durée d'indemnisation : puisque la CIPAV ne prend pas le relais, votre contrat doit indemniser au-delà de 90 jours ;
- la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations CPAM et CIPAV | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : début d'activité, temps partiel, plusieurs lieux d'exercice, reprise après une maternité. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Loi Madelin : des cotisations déductibles
Si vous êtes imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. Au régime micro-BNC, fréquent chez les ostéopathes et les psychologues, cette déduction n'est pas possible.
Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CIPAV, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.