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Prévoyance des professions de santé

Prévoyance médecin libéral : ce que verse la CARMF et pourquoi ça ne suffit pas

Par 
Bradley Village
, courtier fondateur d'Eloy · Mis à jour le 
October 15, 2026
 · 
9
 min de lecture

Médecin libéral, vous prenez soin des autres, souvent au détriment de vous-même. Pourtant, un arrêt de travail peut arriver à tout moment : une maladie, un accident, un épuisement. Votre régime obligatoire verse des indemnités, mais elles sont plafonnées et n'atteignent, au mieux, que la moitié de vos revenus. Et en cas d'invalidité partielle, la CARMF ne verse rien. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.

Sommaire

Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail

PériodeQui verseMontant en 2026
Jours 1 à 3Personne0 €, c'est le délai de carence
Jours 4 à 90Assurance maladie (CPAM)1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour
À partir du 91e jourCARMF1/730e de vos revenus de l'avant-dernière année, entre 65,84 € et 197,51 € par jour, pendant 3 ans au maximum

Le calcul au 1/730e signifie que vous percevez environ la moitié de vos revenus journaliers, et jamais plus de 197,51 € par jour, quel que soit votre niveau de revenus.

  • la CARMF se base sur vos revenus de l'avant-dernière année : un jeune installé, dont l'activité démarre, est indemnisé sur des revenus encore faibles ;
  • à partir de 62 ans, les indemnités de la CARMF diminuent la 2e et la 3e année d'arrêt ;
  • si vos cotisations ne sont pas à jour au moment de l'arrêt, le versement est retardé.

Le manque à gagner, chiffré

Prenons un médecin qui dégage un revenu de 8 000 € par mois, soit environ 267 € par jour, stable depuis trois ans.

SituationCe qu'il perçoitCe qu'il perd
En activité8 000 € par mois—
Arrêt, jours 4 à 90environ 3 945 € par moisenviron 4 055 € par mois
Arrêt, à partir du 4e moisenviron 3 945 € par moisenviron 4 055 € par mois
Invalidité totale, après 3 ans2 629 € par mois au maximumau moins 5 371 € par mois
Invalidité partielle0 €8 000 € par mois

Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.

Dès le 4e jour d'arrêt, la moitié de ses revenus disparaît. Pour les médecins dont les revenus dépassent 144 180 € par an, la perte est encore plus forte, puisque les indemnités sont plafonnées.

Pendant ce temps, vos charges continuent

  • le loyer du cabinet ou votre part dans une société civile de moyens ;
  • le secrétariat, le personnel, le logiciel, le matériel médical ;
  • vos cotisations URSSAF et CARMF, calculées sur vos revenus des années précédentes ;
  • le remboursement d'un éventuel prêt d'installation ou de rachat de patientèle ;
  • les dépenses de votre foyer.

Faire appel à un remplaçant permet de garder votre patientèle, mais une partie des honoraires lui revient.

Invalidité et décès : ce que prévoit la CARMF

  • aucune pension en cas d'invalidité partielle : la CARMF ne verse une pension que si vous êtes totalement et définitivement incapable d'exercer ;
  • une pension d'invalidité totale comprise entre 23 662 € et 31 549 € par an selon vos revenus, versée jusqu'à 62 ans, avec des majorations familiales ;
  • un capital décès de 71 500 € pour le conjoint survivant ;
  • une rente pour le conjoint et pour chaque enfant à charge.

Dans notre exemple, le capital décès représente moins de 9 mois de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, votre famille devra réduire fortement son train de vie.

Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte

  • des indemnités journalières qui complètent celles de la CPAM et de la CARMF, pour maintenir vos revenus ;
  • une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour ;
  • une rente d'invalidité dès un taux partiel, calculée au regard de votre spécialité : un chirurgien qui perd l'usage d'une main ne peut plus opérer ;
  • la prise en charge des frais de votre cabinet pendant l'arrêt ;
  • un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
  • la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.

Les points d'attention propres aux médecins

Deux risques sont fréquents chez les soignants et souvent mal couverts. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :

  • le dos et les articulations : longues heures assises ou debout, gestes techniques répétés, en particulier pour les chirurgiens, les radiologues ou les dentistes. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
  • les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Les médecins font partie des professions les plus exposées à l'épuisement : charge de travail, gardes, responsabilité, pression administrative. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.

Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :

  • l'invalidité appréciée selon votre spécialité, et non selon un barème général ;
  • les maladies infectieuses contractées dans l'exercice de votre métier ;
  • l'activité mixte : si vous êtes aussi salarié, par exemple à l'hôpital, seule une partie de vos revenus est concernée par la CARMF. Votre prévoyance doit en tenir compte ;
  • la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.

Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument

Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.

ForfaitaireIndemnitaire
Montant verséLe montant choisi à la souscription, quoi qu'il arriveVotre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie
Prestations CPAM et CARMFElles s'ajoutent à l'indemnité du contratElles sont déduites de l'indemnité du contrat
Au moment de l'arrêtPas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêtVous devez justifier vos revenus pour calculer la perte
Si vos revenus ont baisséL'indemnité reste la mêmeL'indemnité baisse avec vos revenus
CotisationEn général plus élevéeEn général plus faible

Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : installation récente, remplacements, collaboration, temps partiel, reprise après une maternité. Le montant est garanti et connu à l'avance.

Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.

Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.

Loi Madelin : des cotisations déductibles

En tant que médecin libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.

Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.

Votre étude personnalisée avec Eloy

Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CARMF, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.

Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.

Calculez votre manque à gagner

Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.

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Être rappelé
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.
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Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail

PériodeQui verseMontant en 2026
Jours 1 à 3Personne0 €, c'est le délai de carence
Jours 4 à 90Assurance maladie (CPAM)1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour
À partir du 91e jourCARMF1/730e de vos revenus de l'avant-dernière année, entre 65,84 € et 197,51 € par jour, pendant 3 ans au maximum

Le calcul au 1/730e signifie que vous percevez environ la moitié de vos revenus journaliers, et jamais plus de 197,51 € par jour, quel que soit votre niveau de revenus.

Le manque à gagner, chiffré

Prenons un médecin qui dégage un revenu de 8 000 € par mois, soit environ 267 € par jour, stable depuis trois ans.

SituationCe qu'il perçoitCe qu'il perd
En activité8 000 € par mois—
Arrêt, jours 4 à 90environ 3 945 € par moisenviron 4 055 € par mois
Arrêt, à partir du 4e moisenviron 3 945 € par moisenviron 4 055 € par mois
Invalidité totale, après 3 ans2 629 € par mois au maximumau moins 5 371 € par mois
Invalidité partielle0 €8 000 € par mois

Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.

Dès le 4e jour d'arrêt, la moitié de ses revenus disparaît. Pour les médecins dont les revenus dépassent 144 180 € par an, la perte est encore plus forte, puisque les indemnités sont plafonnées.

Pendant ce temps, vos charges continuent

Faire appel à un remplaçant permet de garder votre patientèle, mais une partie des honoraires lui revient.

Invalidité et décès : ce que prévoit la CARMF

Dans notre exemple, le capital décès représente moins de 9 mois de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, votre famille devra réduire fortement son train de vie.

Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte

Les points d'attention propres aux médecins

Deux risques sont fréquents chez les soignants et souvent mal couverts. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :

Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :

Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument

Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.

ForfaitaireIndemnitaire
Montant verséLe montant choisi à la souscription, quoi qu'il arriveVotre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie
Prestations CPAM et CARMFElles s'ajoutent à l'indemnité du contratElles sont déduites de l'indemnité du contrat
Au moment de l'arrêtPas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêtVous devez justifier vos revenus pour calculer la perte
Si vos revenus ont baisséL'indemnité reste la mêmeL'indemnité baisse avec vos revenus
CotisationEn général plus élevéeEn général plus faible

Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : installation récente, remplacements, collaboration, temps partiel, reprise après une maternité. Le montant est garanti et connu à l'avance.

Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.

Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.

Loi Madelin : des cotisations déductibles

En tant que médecin libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.

Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.

Votre étude personnalisée avec Eloy

Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CARMF, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.

Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.

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