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Prévoyance des professions de santé

Prévoyance infirmier libéral : ce que verse la CARPIMKO et pourquoi ça ne suffit pas

Par 
Bradley Village
, courtier fondateur d'Eloy · Mis à jour le 
October 15, 2026
 · 
9
 min de lecture

Infirmier libéral, vous êtes payé à l'acte. Quand vous n'êtes pas en tournée auprès de vos patients, vous ne gagnez rien. Une entorse, une opération, un problème de dos : du jour au lendemain, vos revenus chutent, alors que vos charges, elles, continuent. Votre régime obligatoire verse des indemnités, mais elles sont très loin de remplacer vos revenus. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement, et pourquoi une prévoyance est indispensable.

Sommaire

Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail

Depuis 2021, l'arrêt de travail d'un infirmier libéral est indemnisé en trois temps :

PériodeQui verseMontant en 2026
Jours 1 à 3Personne0 €, c'est le délai de carence
Jours 4 à 90Assurance maladie (CPAM)1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour
À partir du 91e jourCARPIMKOforfait de 55,44 € brut par jour, quels que soient vos revenus, majoré de 8,06 € par enfant à charge, pendant 3 ans au maximum

Retenez deux choses. D'abord, même pendant les trois premiers mois, la CPAM ne verse qu'environ la moitié de vos revenus journaliers. Ensuite, à partir du 4e mois, la CARPIMKO verse le même forfait à tous, que vous gagniez peu ou beaucoup.

Le manque à gagner, chiffré

Prenons une infirmière libérale qui dégage un revenu de 3 600 € par mois, soit environ 120 € par jour, stable depuis trois ans.

SituationCe qu'elle perçoitCe qu'elle perd
En activité3 600 € par mois—
Arrêt, jours 4 à 90environ 1 775 € par moisenviron 1 825 € par mois
Arrêt, à partir du 4e moisenviron 1 663 € par moisenviron 1 937 € par mois
Invalidité totale, après 3 ans1 680 € par mois1 920 € par mois
Invalidité partielle840 € par mois2 760 € par mois

Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations pour enfants. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.

Dès le 4e jour d'arrêt, c'est donc plus de la moitié de ses revenus qui disparaît. Et plus vous gagnez, plus l'écart est important, car le forfait de la CARPIMKO ne suit pas vos revenus.

Pendant ce temps, vos charges continuent

Un arrêt de travail ne suspend pas vos dépenses. Vous continuez à payer :

  • vos cotisations URSSAF et CARPIMKO, calculées sur vos revenus des années précédentes ;
  • votre véhicule, souvent indispensable pour les tournées : crédit ou location, assurance, entretien ;
  • votre cabinet : loyer, charges, logiciel, matériel ;
  • votre RC Pro et vos autres assurances ;
  • les dépenses du foyer : loyer ou crédit immobilier, scolarité des enfants, factures.

À cela s'ajoute un risque propre à votre métier : un arrêt long peut fragiliser votre patientèle. Faire appel à un remplaçant permet de la conserver, mais il faut alors pouvoir rétrocéder une partie des honoraires.

Invalidité et décès : des montants qui ne protègent pas votre famille

Si vous ne pouvez plus exercer, ou si vous disparaissez, la CARPIMKO prévoit en 2026 :

  • une pension d'invalidité de 10 080 € par an en cas d'invalidité partielle d'au moins 66 %, et de 20 160 € par an en cas d'invalidité totale ;
  • un capital décès de 36 288 € pour un conjoint sans enfant à charge, et de 54 432 € avec enfants ;
  • une rente de 10 080 € par an pour le conjoint et de 7 560 € par an pour chaque enfant à charge.

Dans notre exemple, le capital décès avec enfants représente à peine plus d'un an de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, votre famille devra réduire fortement son train de vie, voire vendre la maison si le prêt n'est pas entièrement couvert.

Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte

  • des indemnités journalières qui complètent celles de la CPAM et de la CARPIMKO, pour maintenir vos revenus pendant l'arrêt ;
  • une franchise courte, pour être indemnisé rapidement, parfois dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
  • une rente d'invalidité calculée sur votre métier d'infirmier : si vous ne pouvez plus exercer auprès de vos patients, vous êtes indemnisé, même si vous pourriez exercer une autre activité ;
  • la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
  • un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
  • la couverture du dos et des troubles psychologiques, deux causes d'arrêt fréquentes chez les soignants, à vérifier en option.

Les points d'attention propres aux infirmiers

Deux risques sont fréquents chez les soignants et souvent mal couverts. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :

  • le dos et les articulations : manutention des patients, gestes répétés, kilomètres en voiture. De nombreux contrats excluent les affections du dos, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
  • les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Charge de travail, horaires étendus, situations difficiles auprès des patients : les soignants y sont particulièrement exposés. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.

Ces deux garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :

  • les accidents de la route pendant les tournées, qui sont un risque quotidien ;
  • les accidents d'exposition au sang et leurs conséquences ;
  • la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.

Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument

Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.

ForfaitaireIndemnitaire
Montant verséLe montant choisi à la souscription, quoi qu'il arriveVotre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie
Prestations CPAM et CARPIMKOElles s'ajoutent à l'indemnité du contratElles sont déduites de l'indemnité du contrat
Au moment de l'arrêtPas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêtVous devez justifier vos revenus pour calculer la perte
Si vos revenus ont baisséL'indemnité reste la mêmeL'indemnité baisse avec vos revenus
CotisationEn général plus élevéeEn général plus faible

Le contrat forfaitaire convient bien aux infirmiers dont les revenus varient d'une année sur l'autre : début d'activité, temps partiel, reprise après une maternité, patientèle en construction. Le montant est garanti et connu à l'avance.

Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.

Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.

Loi Madelin : des cotisations déductibles

En tant qu'infirmier libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables. Les infirmiers au régime micro-BNC ne bénéficient pas de cette déduction.

Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.

Votre étude personnalisée avec Eloy

Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CARPIMKO, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.

Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.

Calculez votre manque à gagner

Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.

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Être rappelé
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.
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Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail

Depuis 2021, l'arrêt de travail d'un infirmier libéral est indemnisé en trois temps :

PériodeQui verseMontant en 2026
Jours 1 à 3Personne0 €, c'est le délai de carence
Jours 4 à 90Assurance maladie (CPAM)1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour
À partir du 91e jourCARPIMKOforfait de 55,44 € brut par jour, quels que soient vos revenus, majoré de 8,06 € par enfant à charge, pendant 3 ans au maximum

Retenez deux choses. D'abord, même pendant les trois premiers mois, la CPAM ne verse qu'environ la moitié de vos revenus journaliers. Ensuite, à partir du 4e mois, la CARPIMKO verse le même forfait à tous, que vous gagniez peu ou beaucoup.

Le manque à gagner, chiffré

Prenons une infirmière libérale qui dégage un revenu de 3 600 € par mois, soit environ 120 € par jour, stable depuis trois ans.

SituationCe qu'elle perçoitCe qu'elle perd
En activité3 600 € par mois—
Arrêt, jours 4 à 90environ 1 775 € par moisenviron 1 825 € par mois
Arrêt, à partir du 4e moisenviron 1 663 € par moisenviron 1 937 € par mois
Invalidité totale, après 3 ans1 680 € par mois1 920 € par mois
Invalidité partielle840 € par mois2 760 € par mois

Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations pour enfants. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.

Dès le 4e jour d'arrêt, c'est donc plus de la moitié de ses revenus qui disparaît. Et plus vous gagnez, plus l'écart est important, car le forfait de la CARPIMKO ne suit pas vos revenus.

Pendant ce temps, vos charges continuent

Un arrêt de travail ne suspend pas vos dépenses. Vous continuez à payer :

À cela s'ajoute un risque propre à votre métier : un arrêt long peut fragiliser votre patientèle. Faire appel à un remplaçant permet de la conserver, mais il faut alors pouvoir rétrocéder une partie des honoraires.

Invalidité et décès : des montants qui ne protègent pas votre famille

Si vous ne pouvez plus exercer, ou si vous disparaissez, la CARPIMKO prévoit en 2026 :

Dans notre exemple, le capital décès avec enfants représente à peine plus d'un an de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, votre famille devra réduire fortement son train de vie, voire vendre la maison si le prêt n'est pas entièrement couvert.

Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte

Les points d'attention propres aux infirmiers

Deux risques sont fréquents chez les soignants et souvent mal couverts. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :

Ces deux garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :

Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument

Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.

ForfaitaireIndemnitaire
Montant verséLe montant choisi à la souscription, quoi qu'il arriveVotre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie
Prestations CPAM et CARPIMKOElles s'ajoutent à l'indemnité du contratElles sont déduites de l'indemnité du contrat
Au moment de l'arrêtPas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêtVous devez justifier vos revenus pour calculer la perte
Si vos revenus ont baisséL'indemnité reste la mêmeL'indemnité baisse avec vos revenus
CotisationEn général plus élevéeEn général plus faible

Le contrat forfaitaire convient bien aux infirmiers dont les revenus varient d'une année sur l'autre : début d'activité, temps partiel, reprise après une maternité, patientèle en construction. Le montant est garanti et connu à l'avance.

Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.

Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.

Loi Madelin : des cotisations déductibles

En tant qu'infirmier libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables. Les infirmiers au régime micro-BNC ne bénéficient pas de cette déduction.

Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.

Votre étude personnalisée avec Eloy

Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CARPIMKO, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.

Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.

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