Expert-comptable libéral, vous conseillez vos clients sur leur protection. Mais la vôtre est-elle à la hauteur ? En cas d'arrêt, votre cabinet doit continuer à tenir les échéances fiscales et sociales de vos clients, avec ou sans vous. Votre régime obligatoire verse des indemnités forfaitaires, sans rapport avec vos revenus. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Période | Qui verse | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 €, c'est le délai de carence |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie (CPAM) | 1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour |
| À partir du 91e jour | CAVEC | forfait de 130 € par jour, pendant 36 mois au maximum |
Le manque à gagner, chiffré
Prenons un expert-comptable qui dégage un revenu de 8 000 € par mois, soit environ 267 € par jour, stable depuis trois ans.
| Situation | Ce qu'il perçoit | Ce qu'il perd |
|---|---|---|
| En activité | 8 000 € par mois | — |
| Arrêt, jours 4 à 90 | environ 3 945 € par mois | environ 4 055 € par mois |
| Arrêt, à partir du 4e mois | environ 3 900 € par mois | environ 4 100 € par mois |
Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.
Dès le 4e jour d'arrêt, plus de la moitié de ses revenus disparaît, et la perte se poursuit pendant toute la durée de l'arrêt.
Pendant ce temps, votre cabinet continue de coûter
- les salaires de vos collaborateurs ;
- le loyer, les logiciels, les abonnements ;
- vos cotisations à l'Ordre, à la CAVEC et à l'URSSAF ;
- le remboursement d'un éventuel rachat de clientèle ou de parts ;
- les dépenses de votre foyer.
Invalidité et décès : ce que prévoit la CAVEC
- une pension d'invalidité à partir d'un taux de 66 %, dont le montant dépend de la classe de cotisation, de 12 465 € à 49 860 € par an en cas d'invalidité totale ;
- un capital décès de 72 713 € à 290 850 € selon votre classe ;
- une rente pour chaque enfant orphelin, mais aucune rente pour le conjoint.
Vérifiez votre classe de cotisation : en classe 1, la pension d'invalidité totale représente à peine plus de 1 000 € par mois.
Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte
- des indemnités journalières qui complètent celles de la CPAM et de la CAVEC, pour maintenir vos revenus pendant l'arrêt ;
- une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour, parfois indemnisé dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
- une rente d'invalidité dès un taux partiel, appréciée au regard de votre métier ;
- la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
- un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
- la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.
Les points d'attention propres aux experts-comptables
Deux causes d'arrêt sont fréquentes chez les experts-comptables et souvent mal couvertes. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : longues heures assises devant un écran. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Périodes fiscales intenses, responsabilité, gestion d'équipe : l'épuisement professionnel est un risque réel. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- la garantie frais généraux, pour payer vos collaborateurs et votre loyer pendant l'arrêt ;
- la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations CPAM et CAVEC | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : installation, rachat de cabinet, association récente. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Loi Madelin : des cotisations déductibles
En tant qu'expert-comptable libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.
Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CAVEC, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.