Chirurgien-dentiste libéral, vous travaillez avec vos mains, votre vue et votre précision. Une blessure, une opération, une douleur cervicale qui s'installe, et vous ne pouvez plus soigner. Votre cabinet, lui, continue de coûter : assistantes, équipement, loyer. Votre régime obligatoire verse des indemnités, mais elles sont forfaitaires, sans rapport avec vos revenus réels. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Période | Qui verse | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 €, c'est le délai de carence |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie (CPAM) | 1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour |
| À partir du 91e jour | CARCDSF | forfait de 113,22 € par jour, quels que soient vos revenus, pendant 3 ans au maximum |
Pendant les trois premiers mois, la CPAM ne verse qu'environ la moitié de vos revenus journaliers, dans la limite de 197,50 €. À partir du 4e mois, la CARCDSF verse le même forfait à tous les chirurgiens-dentistes, quel que soit votre niveau d'activité.
Le manque à gagner, chiffré
Prenons un chirurgien-dentiste qui dégage un revenu de 9 000 € par mois, soit environ 300 € par jour, stable depuis trois ans.
| Situation | Ce qu'il perçoit | Ce qu'il perd |
|---|---|---|
| En activité | 9 000 € par mois | — |
| Arrêt, jours 4 à 90 | environ 4 438 € par mois | environ 4 562 € par mois |
| Arrêt, à partir du 4e mois | environ 3 397 € par mois | environ 5 603 € par mois |
| Invalidité totale, après 3 ans | 2 705 € par mois | 6 295 € par mois |
| Invalidité partielle | 0 € | 9 000 € par mois |
Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations et allocations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.
À partir du 4e mois d'arrêt, plus de 60 % de ses revenus disparaissent. Et en cas d'invalidité partielle, la CARCDSF ne verse rien.
Pendant ce temps, vos charges continuent
- le loyer du cabinet ou votre part dans une société de moyens ;
- vos assistantes et votre secrétariat, dont les salaires restent dus ;
- votre équipement : fauteuil, radiologie, empreinte numérique, souvent financés à crédit ou en crédit-bail ;
- le remboursement d'un éventuel prêt d'installation ou de rachat de cabinet ;
- vos cotisations URSSAF et CARCDSF, calculées sur vos revenus des années précédentes ;
- les dépenses de votre foyer.
Faire appel à un remplaçant permet de garder votre activité, mais une partie des honoraires lui revient : vos propres revenus diminuent d'autant.
Invalidité et décès : ce que prévoit la CARCDSF
En 2026, la CARCDSF prévoit pour les chirurgiens-dentistes :
- aucune pension en cas d'invalidité partielle : la pension n'est versée que si vous êtes reconnu inapte et cessez définitivement votre activité, avant 62 ans ;
- une pension d'invalidité de 32 463,80 € par an, majorée de 9 501,60 € par enfant à charge ;
- un capital décès de 19 605 € ;
- une rente de 20 859,72 € par an pour le conjoint et de 14 115,60 € par an pour chaque enfant orphelin.
Dans notre exemple, le capital décès représente à peine plus de deux mois de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, il ne permet pas à votre famille de faire face.
Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte
- des indemnités journalières qui complètent celles de vos régimes obligatoires, pour maintenir vos revenus pendant l'arrêt ;
- une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour, parfois indemnisé dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
- une rente d'invalidité dès un taux partiel, appréciée au regard de votre métier : une atteinte de la main, de l'épaule ou de la vue suffit à vous empêcher de soigner ;
- la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
- un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
- la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.
Les points d'attention propres aux chirurgiens-dentistes
Deux risques sont fréquents chez les soignants et souvent mal couverts. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : position penchée pendant des heures, gestes de précision répétés : les douleurs cervicales, lombaires et des épaules sont fréquentes dans votre profession. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Rythme des rendez-vous, gestion de l'équipe et du cabinet, exigence de précision : la charge mentale est importante. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- les mains et la vue : vérifiez que l'invalidité est appréciée selon votre métier, et non selon un barème général ;
- les frais généraux : vérifiez le montant garanti et la durée de prise en charge, car vos charges fixes sont élevées ;
- la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations CPAM et CARCDSF | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : installation récente, collaboration, création ou rachat de cabinet, temps partiel, reprise après une maternité. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Loi Madelin : des cotisations déductibles
En tant que chirurgien-dentiste libéral imposé au réel, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.
Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CARCDSF, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.