Avocat libéral, vos revenus dépendent de vos dossiers, de vos audiences et de vos rendez-vous. Si vous vous arrêtez, les dossiers prennent du retard, les clients s'inquiètent, et votre cabinet continue de coûter. Votre régime obligatoire verse des indemnités forfaitaires, sans rapport avec vos revenus, et rien en cas d'invalidité partielle. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Période | Qui verse | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 €, c'est le délai de carence |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie (CPAM) | 1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 197,50 € brut par jour |
| À partir du 91e jour | CNBF | forfait de 90 € par jour, pendant 3 ans au maximum, après au moins 12 mois d'exercice |
Selon votre barreau, un contrat collectif souscrit par l'Ordre peut compléter certaines prestations : renseignez-vous auprès de lui, nous en tiendrons compte dans votre étude.
Le manque à gagner, chiffré
Prenons un avocat qui dégage un revenu de 6 000 € par mois, soit environ 200 € par jour, stable depuis trois ans.
| Situation | Ce qu'il perçoit | Ce qu'il perd |
|---|---|---|
| En activité | 6 000 € par mois | — |
| Arrêt, jours 4 à 90 | environ 2 959 € par mois | environ 3 041 € par mois |
| Arrêt, à partir du 4e mois | environ 2 700 € par mois | environ 3 300 € par mois |
| Invalidité totale, moins de 20 ans d'activité | 798 € par mois | 5 202 € par mois |
| Invalidité partielle | 0 € | 6 000 € par mois |
Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.
Dès le 4e jour d'arrêt, la moitié de ses revenus disparaît, et plus encore à partir du 4e mois. En cas d'invalidité partielle, la CNBF ne verse rien.
Pendant ce temps, vos charges continuent
- le loyer du cabinet ou votre quote-part dans une structure d'exercice ;
- vos collaborateurs et votre secrétariat ;
- vos cotisations à l'Ordre, à la CNBF et à l'URSSAF ;
- votre assurance professionnelle, vos logiciels et abonnements juridiques ;
- les dépenses de votre foyer.
Il faut aussi organiser la suppléance de vos dossiers, ce qui a un coût.
Invalidité et décès : ce que prévoit la CNBF
- aucune pension en cas d'invalidité partielle ;
- une pension d'invalidité totale de 9 577 € par an si vous avez moins de 20 ans d'activité, et calculée sur votre retraite de base au-delà ;
- un capital décès de 50 000 € ;
- une rente pour chaque enfant orphelin.
Dans notre exemple, le capital décès représente environ huit mois de revenus. Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, ce n'est pas suffisant.
Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte
- des indemnités journalières qui complètent celles de la CPAM et de la CNBF, pour maintenir vos revenus pendant l'arrêt ;
- une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour, parfois indemnisé dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
- une rente d'invalidité dès un taux partiel, appréciée au regard de votre métier d'avocat ;
- la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
- un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
- la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.
Les points d'attention propres aux avocats
Deux causes d'arrêt sont fréquentes chez les avocats et souvent mal couvertes. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : longues heures assises, déplacements. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Pression des délais, des audiences et des clients : les avocats font partie des professions les plus exposées au burn-out. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- la franchise : vérifiez à partir de quel jour vous êtes indemnisé ;
- la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations CPAM et CNBF | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : début d'activité, collaboration, installation, revenus variables selon les dossiers. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Loi Madelin : des cotisations déductibles
En tant qu'avocat libéral imposé au régime de la déclaration contrôlée, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.
Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de la CPAM et de la CNBF, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.