Artisan du bâtiment, vous travaillez avec votre corps, sur des chantiers où le risque d'accident est réel : une chute d'échafaudage, une blessure à la main, un dos bloqué. Si vous vous arrêtez, vos chantiers s'arrêtent avec vous, et vos revenus aussi. Votre régime d'indépendant verse des indemnités plafonnées, et ne vous couvre pas au titre des accidents du travail. Voici, chiffres à l'appui, ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Période | Qui verse | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 €, c'est le délai de carence |
| Jours 4 à 360 | Assurance maladie (régime des indépendants) | 1/730e de vos revenus moyens des 3 dernières années, entre 26,33 € et 65,84 € brut par jour, dans la limite de 360 jours sur 3 ans |
| Au-delà | Personne | plus d'indemnités journalières, sauf affection de longue durée (3 ans au maximum) |
Le plafond de 65,84 € par jour s'applique dès que vos revenus dépassent 48 060 € par an : au-delà, plus vous gagnez, plus l'écart se creuse. Pour en bénéficier, il faut aussi être affilié depuis au moins un an.
- micro-entrepreneurs : les indemnités sont calculées sur votre chiffre d'affaires après abattement, et sont nulles si ce revenu est inférieur à 4 582 € par an ;
- accidents : en tant qu'indépendant, vous n'êtes pas couvert par le régime des accidents du travail, sauf assurance volontaire auprès de la CPAM. Un accident est indemnisé comme une simple maladie.
Le manque à gagner, chiffré
Prenons un artisan qui dégage un revenu de 3 500 € par mois, stable depuis plusieurs années.
| Situation | Ce qu'il perçoit | Ce qu'il perd |
|---|---|---|
| En activité | 3 500 € par mois | — |
| Arrêt, jours 4 à 360 | environ 1 726 € par mois | environ 1 774 € par mois |
| Invalidité partielle | 1 050 € par mois | 2 450 € par mois |
| Invalidité totale | 1 750 € par mois | 1 750 € par mois |
Montants bruts, avant CSG et CRDS, hors majorations familiales. Exemple théorique calculé avec les barèmes 2026 ; votre situation dépend de vos revenus réels.
Dès le 4e jour d'arrêt, la moitié de ses revenus disparaît. Et après un an d'arrêt, sauf affection de longue durée, il ne perçoit plus rien tant qu'il n'est pas reconnu invalide.
Pendant ce temps, vos charges continuent
- vos salariés et vos apprentis, dont les salaires restent dus ;
- votre véhicule utilitaire et votre outillage, souvent financés à crédit ou en location ;
- vos assurances professionnelles, dont la décennale ;
- vos cotisations sociales, calculées sur vos revenus des années précédentes ;
- les dépenses de votre foyer.
Sans vous, les chantiers prennent du retard : pénalités, clients mécontents, devis perdus.
Invalidité et décès : ce que prévoit votre régime
En 2026, le régime des indépendants prévoit :
- une pension d'invalidité partielle égale à 30 % de vos revenus moyens des 10 meilleures années, dans la limite de 14 418 € par an ;
- une pension d'invalidité totale égale à 50 % de ces revenus, dans la limite de 24 030 € par an ;
- un capital décès de 9 612 € pour vos ayants droit, et de 2 403 € par enfant orphelin ;
- aucune rente pour votre conjoint ou vos enfants.
Dans le bâtiment, un accident peut entraîner une invalidité durable. Avec ces montants, et sans régime accident du travail, votre famille ne peut pas maintenir son niveau de vie.
Ce qu'une prévoyance adaptée vous apporte
- des indemnités journalières qui complètent celles de votre régime, pour maintenir vos revenus pendant l'arrêt ;
- une franchise courte, pour ne pas attendre le 4e jour, parfois indemnisé dès le premier jour en cas d'accident ou d'hospitalisation ;
- une rente d'invalidité appréciée au regard de votre métier : un couvreur qui ne peut plus monter sur un toit ne peut plus exercer ;
- une garantie accident renforcée, pour compenser l'absence de régime accident du travail ;
- la prise en charge de vos frais professionnels pendant l'arrêt ;
- un capital décès et des rentes pour vos proches, à la hauteur de vos revenus ;
- la couverture du dos et des troubles psychologiques, à vérifier en option.
Les points d'attention propres aux artisans
Deux causes d'arrêt sont fréquentes chez les artisans du bâtiment et souvent mal couvertes. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : port de charges, postures difficiles, gestes répétés : les troubles du dos et des épaules sont la première cause d'arrêt dans le bâtiment. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Gestion des chantiers, des salariés, de la trésorerie : la pression est forte, surtout dans les petites entreprises. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- les accidents : vérifiez que votre contrat indemnise dès le premier jour en cas d'accident ;
- les sports et activités à risque éventuellement exclus ;
- la reprise à temps partiel : certains contrats continuent d'indemniser pendant une reprise progressive.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations de votre régime | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : création d'entreprise, activité saisonnière, chantiers irréguliers, année difficile. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Loi Madelin : des cotisations déductibles
Si vous êtes imposé au réel, en entreprise individuelle ou comme gérant majoritaire de SARL, vos cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond qui dépend de vos revenus. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables. Les micro-entrepreneurs ne bénéficient pas de cette déduction.
Dans un contrat Madelin, les garanties décès sont versées sous forme de rente ; un capital décès et la garantie frais généraux relèvent d'autres règles. Tout est détaillé dans notre guide sur la loi Madelin et la prévoyance.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de votre régime obligatoire, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
Indiquez vos revenus et votre situation familiale : nous vous remettons une étude chiffrée, sans engagement.
Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.