Président de SAS ou de SASU, vous êtes « assimilé salarié » : vous cotisez au régime général, comme un salarié. Beaucoup en déduisent qu'ils sont bien protégés. C'est rarement le cas : les indemnités sont plafonnées très bas, et si vous vous rémunérez uniquement en dividendes, vous n'avez droit à rien. Voici ce que vous toucheriez réellement.
Ce que vous touchez en cas d'arrêt de travail
| Situation | Ce que verse l'Assurance maladie en 2026 |
|---|---|
| Rémunéré uniquement en dividendes | 0 € : les dividendes n'ouvrent aucun droit aux indemnités journalières |
| Rémunéré par un salaire | 50 % de votre salaire journalier de base, après 3 jours de carence, plafonné à 42,97 € brut par jour, sous réserve d'un niveau minimum de rémunération |
Depuis 2025, les indemnités journalières du régime général sont calculées dans la limite de 1,4 Smic. Résultat : quel que soit votre salaire, vous ne touchez pas plus d'environ 1 289 € brut par mois.
Et contrairement à un salarié, vous ne bénéficiez d'aucun maintien de salaire par un employeur, ni d'une prévoyance d'entreprise, sauf si votre société en a souscrit une.
Le manque à gagner, chiffré
| Votre rémunération | Ce que vous percevez en arrêt | Ce que vous perdez |
|---|---|---|
| Dividendes uniquement, 4 000 € par mois | 0 € | 4 000 € par mois |
| Salaire de 4 000 € brut par mois | environ 1 289 € brut par mois | environ 2 711 € par mois |
| Salaire de 6 000 € brut par mois | environ 1 289 € brut par mois | environ 4 711 € par mois |
Exemples théoriques calculés avec le plafond applicable depuis le 1er juillet 2026 ; votre situation dépend de votre rémunération réelle.
Plus vous vous rémunérez, plus l'écart est important. Et si vous avez choisi les dividendes pour optimiser vos charges, vous n'êtes pas couvert du tout.
Invalidité et décès : ce que prévoit le régime général
- une pension d'invalidité égale à 30 % ou 50 % de votre salaire moyen des 10 meilleures années selon votre situation, dans la limite de 2 002,50 € par mois ;
- aucune pension si vous ne vous êtes versé que des dividendes ;
- un capital décès forfaitaire d'environ 4 000 € pour vos proches.
Si c'est vous qui apportez le revenu le plus important du foyer, ces montants ne protègent pas votre famille.
Les solutions pour vous protéger
- un contrat de prévoyance souscrit par votre société à votre profit : sous conditions, les cotisations sont une charge déductible pour la société ;
- un contrat individuel, adapté si vous changez souvent de mode de rémunération ;
- des indemnités journalières, une rente d'invalidité et un capital décès calibrés sur votre revenu réel, salaire et dividendes compris, selon les contrats.
La loi Madelin ne s'applique pas au président de SAS, qui n'est pas travailleur non salarié. Nous étudions la meilleure solution avec vous, et si besoin avec votre expert-comptable.
Les points d'attention
Deux causes d'arrêt sont fréquentes chez les dirigeants et souvent mal couvertes. Vérifiez-les en priorité dans votre contrat :
- le dos et les articulations : longues heures, déplacements, stress. De nombreux contrats excluent ces affections, ou ne les couvrent qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale ;
- les troubles psychologiques : dépression, burn-out, épuisement professionnel. Responsabilité, trésorerie, solitude du dirigeant : le burn-out touche aussi les chefs d'entreprise. Là encore, beaucoup de contrats les excluent ou les limitent, sauf option spécifique.
Ces garanties s'ajoutent souvent sous forme d'option. Vérifiez qu'elles figurent bien dans votre contrat, sans condition d'hospitalisation. Les autres points à regarder :
- la prise en compte des dividendes dans le revenu assuré, qui varie selon les contrats ;
- la franchise et la durée d'indemnisation.
Forfaitaire ou indemnitaire : le point à vérifier absolument
Deux contrats qui affichent la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes le jour de l'arrêt. Tout dépend de leur mode d'indemnisation.
| Forfaitaire | Indemnitaire | |
|---|---|---|
| Montant versé | Le montant choisi à la souscription, quoi qu'il arrive | Votre perte réelle de revenus, dans la limite de la garantie |
| Prestations de l'Assurance maladie | Elles s'ajoutent à l'indemnité du contrat | Elles sont déduites de l'indemnité du contrat |
| Au moment de l'arrêt | Pas de calcul de perte : il suffit de justifier l'arrêt | Vous devez justifier vos revenus pour calculer la perte |
| Si vos revenus ont baissé | L'indemnité reste la même | L'indemnité baisse avec vos revenus |
| Cotisation | En général plus élevée | En général plus faible |
Le contrat forfaitaire convient bien lorsque les revenus varient d'une année sur l'autre : rémunération qui varie entre salaire et dividendes, création récente, année difficile. Le montant est garanti et connu à l'avance.
Le contrat indemnitaire peut suffire si vos revenus sont stables. Mais attention : après une année plus faible, vous seriez indemnisé sur cette base, sans pouvoir retrouver le niveau que vous pensiez avoir assuré.
Dans les deux cas, l'assureur vérifie vos revenus à la souscription : on ne peut pas assurer plus que ce que l'on gagne. C'est le mode d'indemnisation qui change tout au moment de l'arrêt.
Votre étude personnalisée avec Eloy
Envoyez-nous votre dernière déclaration de revenus professionnels : nous calculons ce que vous toucheriez réellement de l'Assurance maladie, mois par mois, et nous calibrons une prévoyance qui comble l'écart, sans payer pour ce que votre régime couvre déjà.
Pour un indépendant, quatre protections sont essentielles : la RC Pro, la prévoyance, la mutuelle santé et le plan d'épargne retraite (PER). Nous pouvons les étudier ensemble, pour un ensemble cohérent et sans doublon.
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Ce guide est fourni à titre d'information générale. Les garanties, exclusions, plafonds et franchises varient selon les contrats : seules les conditions générales et particulières de votre contrat font foi. Les règles fiscales évoquées sont celles en vigueur à la date de mise à jour du guide ; leur application dépend de votre situation personnelle. Montants des régimes obligatoires en vigueur en 2026, communiqués à titre indicatif ; ils sont revalorisés chaque année.